Délégationde l’Aisne

Alphabétisation : des échanges recherchés et appréciés !

Alphabétisation : des échanges recherchés et appréciés !

publié en janvier 2012

Un mardi après-midi, de 14 h à 16 h… Jour avec école où les mères de famille, majoritaires, sont présentes : elles viennent en toute hâte, à pied ou en bus, après avoir mené leurs enfants à l’école, et juste avant de courir aller les chercher. Parfois, le petit dernier dort dans sa poussette…

Elles sont de Mayotte, du Congo, d’Algérie, du Maroc, de Turquie, du Togo, d’Arménie, de Russie, et ont souvent des enfants scolarisés, ce qui explique leur faible disponibilité ; mais elles sont toutes motivées pour parler français, car elles désirent ne plus dépendre de leur mari ou de leurs enfants, pour qui l’apprentissage de la langue s’est effectué de façon plus rapide, par le travail ou la scolarisation.

Alors, après quelque temps en France, elles veulent apprendre, et le travail qu’elles fournissent est à la hauteur de leurs ambitions : elles sont curieuses, volontaires, joyeuses, motivées, car elles veulent avant tout communiquer…

Pour ces élèves, c’est un apprentissage « sur mesure » adapté à chacune selon qu’elles ont suivi – ou non – une scolarité antérieure (certaines n’ont jamais fréquenté l’école, d’autres ont un niveau bac + 5, parlent anglais, russe…).

Alors, les formateurs bénévoles s’adaptent, ont recours à des sources diverses, des gestes, livres, prospectus, dictionnaires, dessins, sont attentifs aux nouvelles méthodes d’apprentissage du français langue étrangère qui sortent en librairie, et proposent des apprentissages individuels, parfois une apprenante pour un formateur, parfois deux ou trois, selon les affinités, les compétences, et on rit beaucoup.

Malgré quelques lacunes de matériel, et parce qu’il faut faire avec ce dont on dispose, l’après-midi passe très vite, Renée et Alain accueillent et proposent un café, une part de gâteau réalisé par les apprenants ou les formateurs.

Un moment de plaisir et d’échanges pour tous : on parle d’abord, puis on passe à la phase écriture, selon la table on entend répéter les voyelles et les premières syllabes, les prénoms et âges des enfants, les noms des légumes sur le marché, la consultation chez le médecin, les conjugaisons des verbes courants si difficiles – « je vais, nous allons, ils vont… » –, on se tutoie souvent, on rit beaucoup.

Beaucoup de bonne volonté de part et d’autre, de bonne humeur, de plaisir d’apprendre ou de faire découvrir : l’après-midi est agréable, on oublie les soucis du moment.

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